Mercredi, 20 Juin 2012 15:06 Michael Deas
Dans l’annonce du dernier désinvestissement sur son site Internet, vendredi dernier, le ministre des Finances a déclaré :
« La décision d’exclure la compagnie suit une recommandation en ce sens du Conseil d’éthique du GPFG. La compagnie est une société de construction impliquée dans l’installation de colonies à Jérusalem-Est, et ce, en infraction vis-à-vis des lois humanitaires internationales. Le Conseil insiste sur le fait que la construction de telles colonies en territoire occupé constitue une violation de la Quatrième Convention de Genève, qui traite de la protection des personnes civiles en tant de guerre (…) »
« (…) Au 31 décembre 2011, le GPFG possédait dans la société Shikun & Binui Ltd. des actions pour une somme estimée à quelque 8,5 millions de couronnes norvégiennes [1,42 million de dollars]. »
Norwegian People’s Aid, une organisation humanitaire, a salué la décision mais a également rappelé au gouvernement norvégien qu’il continuait à investir dans de nombreuses autres sociétés participant activement aux violations par Israël des lois humanitaires.
« Nous sommes satisfaits de la décision mais, en même temps, nous demandons au Conseil d’examiner les investissements dans d’autres sociétés qui contribuent à l’occupation », déclare la secrétaire générale Liv Tørres.
En 2009 et 2010, dans des lettres et au cours de réunions, Norwegian People’s Aid avait soumis au Conseil d’éthique ses inquiétudes au sujet de la sociétéShikun & Binui.
Le rapport, intitulé « Liaisons dangereuses » et rédigé en coopération avec le syndicat Fagforbundet (Union norvégienne des employés municipaux et autres), a été publié en mai 2012 et il mentionne plusieurs exemples d’autres sociétés dans lesquelles le fonds de pension norvégien a investi et qui contribuent elles aussi à l’occupation.
Le rapport fait état d’un certain nombre de sociétés qui devraient être exclues du portefeuille du fonds de pension. L’une d’elles, Motorola Israel, livre des systèmes de radar destinés aux colonies. Norwegian People’s Aid a l’intention de poursuivre ses démarches à l’adresse du fonds de pension norvégien et duConseil d’éthique de façon à ce qu’ils ne contribuent plus à l’occupation illégale, affirme encore Liv Torres.
Le fonds de pension détient également des parts dans G4S, Veolia et Hewlett Packard, ainsi que dans plusieurs autres sociétés visées par le mouvementBDS. De nombreuses compagnes en faveur des droits de l’homme et de la justice sociale ont maintenu le gouvernement norvégien sous pression constante, à propos de la politique éthique du fonds.
La campagne BDS norvégienne contre Israël connaît une période enthousiasmante de croissance, pour l’instant, avec le rapport « Liaisons dangereuses » qui bénéficie d’une importante couverture médiatique et qui a été publié peu de temps après qu’une importante firme de distribution a annoncé sa décision de cesser de stocker le moindre produit manufacturé dans des colonies illégales. La fédération des syndicats norvégiens LO entend discuter, lors de son congrès quadriennal de cette année, plusieurs motions censées étayer ses activités BDS déjà existantes. Lors de son congrès, le Comité norvégien pour la Palestine a voté afin de faire des BDS sa priorité centrale pour la période à venir.
Michael Deas est le coordinateur pour l’Europe du Comité national palestinien BDS, la coalition de la société civile palestinienne qui opère en tant que référence palestinienne du mouvement BDS contre Israël tant que se dernier ne se conformera pas à la législation internationale.
